Mercredi 14 octobre 2026 à 14h, à l’Institut de Psychologie, salle 1046.

Résumé :

La traversée des voies ferrées par les piétons renvoie à une situation complexe, dans laquelle la sécurité ne dépend pas uniquement de la présence d’un système de sécurisation, mais aussi de la manière dont les usagers perçoivent, interprètent et utilisent les informations disponibles dans leur environnement (Read et al., 2015). Bien que ces situations soient à l’origine d’accidents graves, elles restent encore peu étudiées dans la littérature. Dans ce contexte, l’objectif de ce travail est de proposer une modélisation de l’activité de traversée, ainsi que de formuler des recommandations pour la conception de systèmes de sécurisation adaptés à cette activité. La démarche vise à dépasser une approche centrée sur le fonctionnement technique des systèmes, afin d’analyser la manière dont ceux-ci soutiennent l’activité de traversée, de la phase d’approche jusqu’à l’engagement, à travers la prise d’information, le déplacement et la décision d’action. Sur le plan théorique, la thèse propose un modèle de la traversée des voies articulant l’approche Perception-Action (Gibson, 1979; Warren, 1984) et le modèle de la Conscience de la Situation (Endsley, 1995), afin de rendre compte des dimensions perceptivo-motrices et cognitives de cette activité. 

La démarche empirique combine deux études immersives en réalité virtuelle et une étude expérimentale en contexte minimal. Les études immersives se sont appuyées sur une plateforme physique à échelle 1:1 reproduisant une gare avec quais et traversée, couplée à un environnement virtuel de gare. Elles ont permis d’observer les comportements de traversée en contexte, d’évaluer l’effet de systèmes de sécurisation et d’examiner l’influence de facteurs de risque, à partir de mesures comportementales, oculométriques et subjectives. L’étude en contexte minimal s’est appuyée sur une tâche de type stop-signal mobilisant des formes abstraites, afin d’évaluer différents principes issus du modèle proposé et leur capacité à soutenir la décision d’arrêt, avant leur réintégration dans un environnement immersif. 

Les résultats des études invitent à considérer la traversée comme une activité à la fois perceptivo-motrice et cognitive. Ils ont montré que l’issue de la traversée se préparait dès la phase d’approche, notamment à travers la vitesse de marche et l’exploration visuelle, mais dépendait aussi de la compréhension de la situation ferroviaire. En ce sens, les systèmes les plus efficaces étaient ceux qui articulaient ces deux dimensions, en rendant l’arrêt plus disponible dans l’environnement tout en facilitant la compréhension et l’anticipation de l’évolution de la situation. Ces travaux contribuent ainsi à la proposition d’un modèle de l’activité de traversée, au développement d’une approche méthodologique immersive, et à la formulation de recommandations pour la conception de systèmes de sécurité.

 
 
 
Composition du jury :
 
– Jordan Navarro, Professeur des universités, Université Lumière Lyon 2- Rapporteur
– Nicolas Benguigui, Professeur des universités, Université de Caen Normandie – Rapporteur
– Julien Cegarra, Professeur des universités, INU Champollion – Examinateur
– Béatrice Cahour, Directrice de recherche CNRS, Télécom Paris – Examinatrice
– Aurélie Dommes, Directrice de recherche, Université Gustave Eiffel – Directrice de thèse
– Élise Grison, SNCF – Encadrante de thèse

 

 

 

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