Mardi 15 septembre 2026 à 14h, Palais Hirsch, Salle Léonie Villard, Université Lumière Lyon 2.

Résumé :
Les lésions cérébrales acquises non évolutives sont susceptibles d’engendrer des troubles
cognitivo-comportementaux et sensori-moteurs pouvant affecter les capacités de conduite
des personnes et entrainer leur surexposition au risque routier. Le cadre règlementaire
français exige que les personnes cérébrolésées se soumettent à un contrôle médical
auprès d’un médecin agréé pour assurer le maintien de leur permis de conduire. L’arrêté
du 28 mars 2022 précise que l’avis du médecin agréé doit tenir compte d’un bilan
pluriprofessionnel, ne mentionnant toutefois pas le bilan neuropsychologique, ni
l’évaluation sur route. Ces évaluations font pourtant partie intégrante de la recommandation
de bonnes pratiques labellisée par la Haute Autorité de Santé en 2016 mais leurs modalités
demeurent encore floues à ce jour. Compte-tenu de cette nouvelle règlementation et de
l’hétérogénéité des pratiques, une première étude, dans une démarche de recherche
action, a permis de co-construire un protocole d’évaluation de l’aptitude à la
conduite (PREVAC) sur la base de l’expertise des professionnels, comprenant notamment
une évaluation neuropsychologique et une évaluation sur route. Une seconde étude
multicentrique transversale menée auprès de 58 personnes cérébrolésées visait à
évaluer la concordance entre ces évaluations et le pouvoir discriminant des
différents outils (tests neuropsychologiques et grille d’évaluation sur route TRIP). Les
principales contributions de la recherche-action résident dans l’harmonisation du bilan
pluriprofessionnel grâce à la structuration des évaluations neuropsychologique et sur route,
améliorant la satisfaction des professionnels concernés. Cette étude a également été à
l’origine d’une documentation d’information et de sensibilisation ayant fait l’objet d’une
validation par la Délégation à la Sécurité Routière et aujourd’hui diffusée à l’échelle
nationale. Les principaux résultats de l’étude transversale révèlent une mauvaise
concordance (65 %) entre le bilan pluriprofessionnel et l’avis du médecin agréé, les
décisions défavorables ou restrictives des différentes évaluations étant rarement
confirmées par le médecin agréé. A partir des analyses de régression, trois variables
neuropsychologiques expliquent 76 % de la variance de la performance sur route (TRIP),
dominées par le BIDSAM-Clinicien (65 %), puis le TMT (1,8 %) et le test de négligence de
la TAP (1,5 %). L’écart clinicien/patient au BIDSAM constitue en outre un prédicteur
significatif de la performance de conduite, soulignant le rôle des processus métacognitifs
dans la régulation du conducteur. Enfin, la TRIP représente un outil robuste d’évaluation
intégrative de la performance de conduite, dont le score total corrigé, le score tactique ainsi
que la position latérale sont particulièrement déterminants. A travers l’articulation des
collectifs de travail émanant de la recherche-action et le circuit décisionnel d’aptitude à la
conduite résultant de l’étude transversale, l’étude PREVAC apporte des éléments de
preuve scientifique qui contribuent à l’harmonisation du bilan pluriprofessionnel
pour éclairer l’avis du médecin agréé. En soutien à la recommandation de bonnes
pratiques et à la politique publique de santé et de sécurité routière, cette thèse contribue
ainsi à « mieux détecter, évaluer et suivre les inaptitudes à la conduite ». Des études
complémentaires apparaissent toutefois nécessaires afin d’examiner la capacité prédictive
des évaluations en matière de risque routier. Dans cette perspective, l’étude PREVAC met
en place un suivi longitudinal des conducteurs à 6 et 12 mois.
Le protocole a été approuvé par le comité d’éthique d’Ile de France III (numéro 2023
A01272-43) et publié ouvertement sur OSF (https://osf.io/7ah2q/).
 
Mots clés : lésion cérébrale, troubles cognitifs, évaluation de conduite, sécurité routière
 
 
 
Composition du jury :
  • Catherine Gabaude, Directrice de recherche, Université Gustave Eiffel (directrice de thèse)
  • Pascale Colliot, Maître de conférences, Université Lyon 2 (co-encadrante de thèse)
  • Philippe Allain, Professeur des Universités, Université d’Angers (rapporteur)
  • Marie-Christine Gely-Nargeot, Professeure des Universités émérite, Université Paul Valéry, Montpellier 3 (rapporteure)
  • François Osiurak, Professeur des Universités, Université Lyon 2 (examinateur)
  • Murièle Schneider, Docteur en MPR, SMAEC (examinatrice)

 

 

 

 

 

 

 

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